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Environnement, climat, féminismes : l’union des forces

Repenser ensemble, agir mieux

Auteur路e :Sébastien Boulanger

Bandeau :Bandeau : Illustration : © Nadia Morin

Signe des temps, l’élection québécoise récente aura surfé sur une vague environnementale et climatique inédite. Si les femmes assument pleinement leur engagement sur le front de ces luttes, elles sont aussi parmi les plus touchées par la crise en marche. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et l’ONU s’accordent : partout sur la planète, les populations pauvres, vulnérables et marginalisées risquent gros. Parmi elles et de manière disproportionnée, les femmes, qui représentent une vaste majorité des personnes en situation de pauvreté. Elles dépendent aussi davantage des ressources menacées, assument un rôle majeur dans l’approvisionnement en eau et en aliments, et se voient souvent exclues des processus décisionnels locaux en matière d’environnement. Devant l’urgence, et à l’aube de la 27e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, plusieurs observent dans le rassemblement des luttes une volonté réelle de solutions… et de justice environnementale.

Au Québec, le Réseau des femmes en environnement travaille depuis plus de 20 ans à insuffler l’écoresponsabilité à de nombreux milieux. Appuyé par un vaste noyau d’expertes et de collaboratrices, le Réseau mise sur son expertise pour protéger l’environnement, la santé et le bien-être. Mélina Nantel brosse un portrait de cette véritable locomotive à changement, qui propose des initiatives de femmes pour le bien collectif.

Les bouleversements environnementaux et climatiques ont des incidences disproportionnées à la fois sur les femmes et sur les populations défavorisées, racisées et autochtones. Des injustices qui prennent racine et qui s’aggravent en raison de facteurs structurels. Chez Oxfam-Québec, à la Fondation David Suzuki ou encore chez Vigilance OGM et Pivot Média, des femmes de tête misent sur la justice environnementale pour s’attaquer à ces inégalités. Miriane Demers-Lemay nous présente ces leaders engagées.

Pour des raisons géographiques et culturelles, les communautés autochtones sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques. Une fragilité exacerbée par la relation étroite qu’elles entretiennent avec le territoire, un rapport qui est au cœur de leur identité. En mettant de l’avant une nouvelle hiérarchie de valeurs – en refusant notamment l’idée que la nature est extérieure à nous –, le courant écoféministe illustre la convergence des luttes féministes et environnementales. Amandine Gournay analyse la relation entre les savoirs des femmes autochtones et un écoféminisme qui navigue entre décolonisation et écologie.

À l’instar de l’approche autochtone et des écoféminismes qui s’en inspirent, le mouvement des femmes racisées tisse son action autour de la convergence des engagements. À la lumière des dynamiques inégalitaires de la crise climatique, la chroniqueuse Jade Almeida discute de racisme environnemental et des paradoxes d’une écologie dictée par le Nord. Une réflexion pertinente sur un système planétaire qui hiérarchise les territoires et les communautés.

Léa Ilardo est analyste des politiques climatiques à la Fondation David Suzuki et membre du conseil d’administration d’ENvironnement JEUnesse. Ses travaux s’articulent notamment autour des enjeux de santé publique liés aux changements climatiques. Très impliquée dans le mouvement étudiant de grève pour le climat des dernières années, Léa répond aujourd’hui à nos cinq questions.

Du champ de coton jusqu’à l’étalage, une paire de jeans peut parcourir des dizaines de milliers de kilomètres, contribuant ainsi aux millions de tonnes de gaz à effet de serre émises chaque année par l’industrie textile. Pour plusieurs, l’achat de seconde main s’avère une solution responsable pour pallier la surconsommation et le gaspillage vestimentaire. Acheter moins et réutiliser mieux? Léa Villaba a rencontré deux propriétaires de boutiques de seconde main, un modèle d’entrepreneuriat de plus en plus féminin!

« La politique locale doit être la première à lutter contre le changement climatique. À cette fin, il faut une transformation sociale, industrielle, économique, culturelle et politique. » Ces engagements sont ceux de Satoko Kishimoto, élue récemment mairesse de Suginami, l’un des 23 arrondissements de Tokyo. Notre collaboratrice Johann Fleuri a recueilli les motivations de celle que l’on surnomme « la mairesse à vélo », et dont le franc-parler et la fraîcheur détonnent dans le paysage politique japonais.

Alors que les effets de la crise climatique se multiplient et que les attaques russes en Ukraine freinent les exportations de céréales, l’insécurité alimentaire s’aggrave sur le continent africain. Au Bénin, des entrepreneures montent au front pour assurer l’autonomie alimentaire de leurs communautés. Miriane Demers-Lemay a rencontré quelques-unes de ces femmes béninoises, pour qui l’autonomisation demeure la clé maîtresse de l’émancipation.

Bonne lecture!