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Pandémie : vues d’ailleurs

À la rencontre des femmes du monde

Date de publication : Juin et Juillet 2020

Bandeau :Illustration : © Nadia Morin

Le magazine Gazette des femmes poursuit sa réflexion sur les répercussions de la crise sanitaire sur la vie des femmes avec une série de nouveaux regards. Loin de la déferlante de chiffres, au-delà des courbes épidémiologiques vallonnées, nous partons, en ce début d’été, à la rencontre des femmes du monde.

Dans la continuité du grand dossier du Conseil du statut de la femme sur les conséquences sociales et économiques du nouveau coronavirus, nos journalistes basé·e·s sur les cinq continents proposent ces « vues d’ailleurs », une mosaïque de clins d’œil qui nous racontent… Ces récits sont ceux de réalités universelles, mises en exergue par la pandémie. Ils sont livrés par des femmes d’horizons multiples, touchées par la crise au cœur de leur vie personnelle, familiale et professionnelle. À travers ces témoignages s’esquisse aussi un portrait de politiques et de mesures lancées par certains pouvoirs publics du globe pour parer à l’urgence.

Voici un aperçu de ce monde que la Gazette des femmes entend faire lire et faire voir, dès aujourd’hui, sur une base presque quotidienne au cours des prochaines semaines.

Amériques

Ces dernières années, les Argentines n’ont cessé de faire entendre leurs voix pour dénoncer les violences contre les femmes. L’isolement forcé n’a pas sonné le glas de la mobilisation qui résonne dans le pays.

En 2018, le Brésil comptait déjà près de sept millions de domestiques, des femmes noires ou métisses pour la plupart. Un vaste bassin de travailleuses à faible niveau de scolarité, qui, selon le site El Pais Brasil, « dépendent de l’altruisme de leurs patrons pour éviter d’être contaminées ».

Au Texas, en raison de la pandémie, le gouverneur de l’État a banni les avortements, puis les a autorisés partiellement. Entre-temps, de nombreuses femmes ont été livrées à elles-mêmes.

Au début de la crise du coronavirus, le Canada annonçait que l’aide financière ne laisserait personne en reste. C’était sans compter les femmes qui travaillent dans l’industrie du sexe. Elles sont parmi les personnes les plus vulnérabilisées par la pandémie et doivent composer avec des conditions de vie les exposant à la violence.

Ambassadrice du Canada en France et à Monaco depuis 2017, Isabelle Hudon répond à nos 5 questions sur l’égalité. Reconnue pour son leadership exceptionnel, elle nous livre ses vues éclairantes sur la place des femmes dans un monde en transition!

Asie

Photoreportage – Comme de nombreux pays, le Pakistan doit faire face à la crise sanitaire provoquée par la pandémie. D’abord réticent à imposer un confinement, le premier ministre a finalement ordonné aux plus de 200 millions d’habitant·e·s de rester à la maison. Dans un pays où le secteur informel représente plus de 70 % des emplois, les conséquences risquent d’être particulièrement difficiles, notamment pour les femmes.

En Afghanistan, l’un des pires pays où naître femme, l’épidémie de coronavirus et ses conséquences fragilisent davantage une population féminine déjà vulnérable. Dans le contexte du confinement, la sensibilisation aux violences domestiques apparaît plus essentielle encore.

Au Japon, où on a décrété l’état d’urgence en raison de la pandémie, les enfants et les adolescent·e·s en rupture familiale sont abandonné·e·s à leur sort et privé·e·s de foyer pour se confiner. Associations et organisations non gouvernementales (ONG) tirent la sonnette d’alarme.

Océanie

Le confinement exigé en mars par le gouvernement de l’Australie met en danger les victimes de violence conjugale. Les femmes autochtones en première ligne. L’histoire coloniale et la crainte de subir de la discrimination découragent les appels à l’aide.

Afrique

Système d’épargne sociale courant en Afrique, la tontine remplace souvent le circuit financier traditionnel dans un continent où le taux de bancarisation reste faible. Au Sénégal, cette pratique ancienne, largement plébiscitée par les femmes, est menacée par la pandémie de la COVID-19.

Au Bénin, petit pays d’Afrique de l’Ouest de 11 millions d’habitant·e·s, 95 % des femmes vivent du secteur informel de l’économie, principalement du commerce. En temps de crise du coronavirus, celles-ci se retrouvent dans une situation de survie. Comment faire face au quotidien avec cette nouvelle donne?

Europe

Alors que les violences envers les femmes augmentent dans la plupart des pays où le confinement est de mise, l’Allemagne veut prendre exemple sur Berlin, qui a créé des lieux d’accueil d’urgence supplémentaires pour les femmes victimes de leur conjoint.

En Suisse, le contexte exceptionnel de la pandémie de COVID-19 impose aux futures mères de penser autrement la fin de leur grossesse. Au-delà de la question « où accoucher? », elles doivent s’adapter à des suivis médicaux version 2.0 ou encore à des retours à la maison ultra-accélérés.

Alors qu’au 1er avril 2020, les Nord-Irlandaises pensaient avoir enfin accès à l’interruption volontaire de grossesse, elles ont dû attendre neuf jours pour profiter de ce service. Période pendant laquelle elles devaient toujours voyager vers l’Angleterre pour avorter, une situation compliquée en contexte d’épidémie.

Habituées aux allers-retours entre leur Ukraine natale et la Pologne voisine, deux pays aux économies interdépendantes, de nombreuses Ukrainiennes se retrouvent prises au piège du coronavirus…

En Finlande, comme dans plusieurs endroits du monde, la pandémie a entraîné la fermeture des écoles et le télétravail, bousculant ainsi la vie familiale. Dans un pays où l’égalité entre les femmes et les hommes semble presque acquise, la charge mentale des Finlandaises tend parfois à s’accentuer.

Le personnel infirmier de la Suisse réclame depuis des années de meilleures conditions de travail. Ignoré avant la crise de la COVID-19, qui l’a propulsé au front, il s’attend à ce que ses revendications soient entendues une fois la tempête passée…

Bonne lecture!

La rédaction