Aller directement au contenu

Les espaces sécuritaires, une sphère à bâtir

Inclusion, paix, autonomisation

Auteur路e :Sébastien Boulanger

Bandeau :Illustration : © Nadia Morin

Révision linguistique :Révision linguistique : Bla bla rédaction

Dans l’espace public, au travail, devant l’insécurité résidentielle, face à l’itinérance, à l’école, sous l’arc-en-ciel migratoire, en zone de conflit et même sur les applis de rencontre, les espaces sécuritaires s’imposent, se construisent, se rétrécissent… Au rythme des discriminations croisées, des violences sexistes et d’une masculinité pathogène, des féministes et des groupes de la société civile s’organisent pour contrer l’insécurité ambiante des filles et des femmes. Des initiatives qui, chacune à leur manière, répondent à un impératif d’inclusion, de paix et d’autonomisation des femmes.

Au Québec, les femmes représentent 29 % de la population itinérante. Pourtant, à peine 10 % des lits d’urgence se trouvent dans des refuges qui leur sont réservés. Chez les femmes en état d’itinérance, dormir dans la rue s’avère souvent l’avenue du moindre mal. « Pour plusieurs d’entre elles, se sentir en sécurité est un objectif incompatible, voire antinomique avec le fait d’être accueillies en ressource mixte, car elles se méfient des hommes », constate Hélène Mercier. En effet, beaucoup plus qu’une simple place pour dormir, ces femmes recherchent avant tout une expérience d’accueil et de sécurité.

Donner naissance malgré les bombes? En Ukraine, en dépit de l’agression russe et d’un taux de natalité en déclin depuis l’occupation, de nombreuses Ukrainiennes choisissent de fonder une famille et de vivre au pays. « Fonder une famille, dans l’Ukraine d’aujourd’hui, c’est composer avec le danger et subir les coupures d’électricité sporadiques infligées par l’armée russe, qui cible les infrastructures civiles. » Le journaliste Patrice Senécal et la photographe Simona Supino ont visité la maternité d’ISIDA, à Kyiv, où le personnel soignant, les jeunes mères et leur famille font acte de résistance véritable.

Étape essentielle à l’intégration des femmes immigrantes, le travail peut devenir source d’insécurité, d’instabilité et d’exploitation. Devant un horizon d’emplois souvent précaires, ardus ou sous-qualifiés convergent de nombreux obstacles à l’accomplissement de ces femmes. Marine Caleb témoigne de la vulnérabilité professionnelle des femmes immigrantes et de solutions pour rendre les milieux de travail québécois plus inclusifs et sécuritaires pour elles.

À l’approche du 1er juillet, l’insécurité résidentielle règne au cœur de nos quartiers et villages. En raison d’une addition de facteurs, les femmes sont les plus durement touchées par la crise du logement. Des initiatives existent pourtant. Catherine Girouard a discuté avec des femmes actives au sein d’organismes de défense du droit au logement. Pour elles, « la clé se trouve du côté du logement social, qui sort d’une logique de profit et répond à une panoplie de besoins ».

Lieu d’apprentissage et de socialisation, l’école est-elle un endroit sécuritaire pour les filles? « L’école est une microsociété, et ce qu’on retrouve dans la société en général, comme les inégalités, on le retrouve aussi à l’école », dit Anastasie Amboulé-Abath, professeure en sciences de l’éducation à l’Université du Québec à Chicoutimi. De la création du Protecteur national de l’élève à l’éducation du corps professionnel, plusieurs actions sont mises en œuvre pour rendre les milieux scolaires physiquement et émotionnellement sûrs pour les filles. Un texte de Catherine Girouard.

Plus de 75 millions de personnes seraient actives sur Tinder dans le monde, dont 22 % de femmes. Mais les utilisatrices de ce type de plateformes de rencontre sont-elles en sûreté? « Pour se protéger des dangers du dating moderne, des femmes organisent des groupes sur les médias sociaux, pour se tenir au courant de mauvaises expériences et rester loin des candidats dangereux », observe la journaliste Elisabeth Massicolli. Les applis de rencontre, une périlleuse séduction?

En Gambie, la loi qui interdit l’excision depuis 2015 est aujourd’hui menacée. Une campagne pour demander son abrogation, lancée récemment par un imam local, divise la société gambienne. Dans un pays profondément enraciné entre culture et religion, plusieurs activistes craignent que l’initiative s’attaque ensuite à la loi sur le mariage des enfants. Notre collaboratrice en Afrique Clémence Cluzel nous parle des menaces pour les droits des Gambiennes, et d’un recul possible pour la sécurité des femmes dans le monde.

Nellie Brière est chroniqueuse, animatrice, conférencière et cheffe de file en stratégie numérique au Québec depuis plus de 15 ans. Ses créneaux de prédilection sont la culture, la jeunesse, la mobilisation citoyenne, l’éducation, la politique et les médias d’information. Celle qui fait de l’engagement social une priorité nous parle aujourd’hui de sécurité et d’égalité numérique.

Bonne lecture!