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L’art des femmes

Créer le monde…

Auteur路e :Sébastien Boulanger

Bandeau :Illustration : © Nadia Morin

Revisiter l’art des femmes, c’est redonner ses lettres de noblesse à la culture vivante et à celle dérobée à nos mémoires. Le magazine Gazette des femmes fait une brève incursion dans l’univers de la création au féminin. Une rencontre avec quelques femmes d’ici, d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui, qui ont su faire le monde dans l’ombre de leur époque. Un petit clin d’œil, dira-t-on, à ces remarquables oubliées de l’histoire, chères à l’inestimable anthropologue du temps Serge Bouchard.

Dans la grande histoire de l’art, la place des femmes a longtemps été réduite à une figure de muse et d’objet, taisant trop souvent leurs voix de créatrices. À travers leurs collections, les grandes institutions muséales ont, au fil du temps, promu un idéal artistique occidental, masculin, qui a exclu les femmes, en particulier les femmes racisées. Que faire alors de nos convictions féministes au musée? Antonia Mappin-Kasirer a parcouru la collection permanente du Musée des beaux-arts de Montréal à la recherche d’œuvres signées par des femmes, à l’affût d’une histoire de l’art plus inclusive.

À sa manière, la poétesse innue Marie-Andrée Gill fait vivre les mots. Les mots de nos mères et de celles qui les ont précédées. Ces mots qui permettent d’avancer, de laisser des traces, « d’aller cueillir les choses simples et de réapprendre la lenteur ». Le récit Kuapetsheu brave l’histoire, et nous rappelle que seuls les gestes parviennent à garder les mots vivants…

Les arts de la scène ont particulièrement souffert de la crise actuelle. La pandémie aura pendant de longs mois éclipsé les concerts, festivals et autres grands événements publics. Depuis plus d’un an, les travailleuses culturelles sont aux premières loges de la débâcle de l’industrie de la musique. Le journaliste Éric Faucher a discuté avec des techniciennes de son, chargées de projet, disquaires, musiciennes et coordonnatrices de production frappées par la crise. Des créatrices souvent loin des regards, dont plusieurs ont dû réorienter leur carrière.

La création télévisuelle, en particulier dans le domaine des affaires publiques, s’est longtemps imposée comme une chasse gardée masculine. Dans ce milieu marqué dès le début par une organisation genrée des contenus, la sous-représentation historique des femmes frappe. Après 70 ans de présence des femmes à la télévision d’affaires publiques, l’historienne Camille Robert raconte comment des femmes d’ici ont tracé leur chemin dans ce monde particulier. Un lent décloisonnement des rôles…

Créatrice hors pair, Carole David a remporté à l’automne 2020 le prix Athanase-David, qui récompense l’œuvre littéraire d’une vie. Pascale Navarro a rencontré cette écrivaine et poétesse maintes fois primée, dont l’œuvre porte un regard singulier sur la société, la condition féminine et les personnes marginalisées, mais aussi sur l’Amérique, sa culture populaire et sa littérature. Une autrice essentielle.

Enfin, la comédienne prolifique Christine Beaulieu répond à nos 5 questions. Pour l’autrice du théâtre documentaire J’aime Hydro, le pire ennemi de l’égalité demeure l’insécurité des hommes. La dramaturge salue au passage toutes celles qui ont fait l’histoire.

Bonne lecture!