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Femmes, politique et diversité

La pluralité des voies

Auteur路e :Sébastien Boulanger

Bandeau :Illustration : © Nadia Morin

Votre conseil municipal est-il paritaire? Fort à parier que non. Moins du tiers (32,4 %) des personnes élues dans les villes et villages du Québec lors de l’élection de 2017 sont des femmes. Le 7 novembre prochain, ce sont plus de 1 100 municipalités québécoises qui verront le visage de leur administration changer… ou pas. Dans l’attente du portrait final, la faible proportion de candidatures féminines frappe : 35,5 % au total, soit 24,3 % d’aspirantes à la marie et 37,4 % au poste de conseillère.

Malgré une mince amélioration par rapport à 2017 et le travail de plusieurs organismes pour attirer plus de candidates, force est de constater que les femmes ne se bousculent pas aux portillons de nos hôtels de ville. Conciliation famille-travail, boys club municipal, hostilité envers nos élues, nombreuses sont les raisons qui poussent les femmes loin de l’engagement politique local. Un gouvernement de proximité pourtant essentiel qui, à lui seul, gère plus de 15 milliards de dollars par année en services publics de première ligne.

Selon la journaliste Hélène Mercier, l’élection de Valérie Plante à la mairie de Montréal en 2017 pourrait cependant être la bougie d’allumage d’un élan de changement, tant chez les candidates hésitantes qu’auprès de l’électorat. « Longtemps, le monde municipal a été associé aux trottoirs, à la voirie et aux vidanges; des affaires de gars qui n’intéressent pas les femmes. Mais le discours et la perception changent. » Après un mandat à la tête de la métropole, la mairesse aura-t-elle inspiré plus de Québécois·e·s à oser la politique municipale au féminin?

Dorothy Rhau abonde dans le même sens, mentionnant au passage les effets de la pandémie. Parce qu’elles ont été les plus durement touchées par la crise sanitaire, le désir d’apporter des changements concrets pousse des femmes à présenter leur candidature. Selon la chroniqueuse, les femmes et la diversité sont au cœur des enjeux… et de la solution. « Pour apporter des solutions innovantes, justes et équitables sans négliger les angles morts, il est nécessaire que des élues issues des minorités culturelles occupent des postes exécutifs. »

En Estrie, Vicki-May Hamm est la première femme à accéder au poste de mairesse de la Ville de Magog. Élue le 1er novembre 2009, puis réélue à deux reprises, elle a présidé la Fédération canadienne des municipalités pendant un an, en plus de siéger au conseil d’administration de l’Union des municipalités du Québec. Celle qui aura été la mairesse de Magog pendant 12 ans répond à nos questions et nous parle d’égalité!

Parentalité

D’un engagement à l’autre, le magazine Gazette des femmes consacre une portion de cette édition automnale à la parentalité. Par le biais de l’adoption d’abord. De l’adoption comme solution de rechange… à la parentalité. Au Québec, trois options se présentent aux femmes ayant une grossesse non planifiée : garder l’enfant, interrompre la grossesse ou faire adopter l’enfant. Pourtant, cette troisième option est largement méconnue, autant des femmes que du système de santé. Un regard de Mélina Nantel sur ce libre choix encore stigmatisé, plus de 30 ans après la légalisation de l’avortement.

Le refus de la maternité par choix prend différents visages. L’ouvrage collectif Nullipares, publié en 2020 et dirigé par l’autrice Claire Legendre, libère la parole de femmes qui n’ont pas donné naissance. Lassées de devoir sans cesse justifier leur désir de ne pas avoir d’enfant – et leur refus du mythe de l’horloge biologique –, ces femmes prennent la parole publiquement pour faire valoir leur droit de ne jamais devenir maman. La journaliste Claire-Marine Beha discute de la lente levée de ce tabou persistant.

À la fin des années 1960, la jeune designer américaine Margaret Crane travaille pour le groupe Organon Pharmaceuticals, dans le New Jersey. À 27 ans, elle imagine le premier test de grossesse « maison ». En pleine période de libéralisation et de révolution sexuelle aux États-Unis, la détection de la grossesse devient un enjeu de santé publique, qui permet notamment aux femmes un accès rapide à des services d’avortement. Notre collaboratrice Morgane Pellennec présente l’inventrice de cet outil, qui a largement contribué à la lutte des femmes pour le libre choix de disposer de leur corps.

La publicité autour du matériel pour enfants est clairement orientée vers les mères ou les futures mères. Selon le journaliste David Savoie, l’approche n’est pas anodine. Ces publicités stéréotypées, « qui vendent l’idée de la mère qui fait tous les bons choix », se traduisent par des conséquences bien réelles pour les femmes. Le marketing « mamancentrique »? Une autre charge mentale à déconstruire.

Tout un cinéma

Enfin, sur une note résolument culturelle, le travail des réalisatrices se retrouve sous les projecteurs cet automne, grâce notamment au nouvel outil Web de l’organisme Réalisatrices Équitables et à la programmation féministe du Festival Cinemania. Des avancées réelles et durables pour les femmes de l’industrie? Claire-Marine Beha fait le point avec des architectes du cinéma d’ici et d’ailleurs.

Bonne lecture!

Marche mondiale des femmes 2021

Le dimanche 17 octobre 2021 marque la clôture de la 5e action de la Marche mondiale des femmes, initialement prévue en 2020 puis reportée en raison de la situation sanitaire.

À l’occasion de cet événement, plusieurs activités sont organisées dans toutes les régions du Québec à l’initiative du regroupement Coordination du Québec pour la Marche mondiale des femmes. Les participant·e·s sont invité·e·s à porter des vêtements de couleur rouge en solidarité avec les femmes autochtones.

Le Conseil du statut de la femme souligne ces actions de sensibilisation pour une société plus égalitaire entre les femmes et les hommes, plus inclusive et exempte de pauvreté et de violences envers les femmes.