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Femmes de radio : les voix de l’histoire

Écoutez la diversité citoyenne

Auteur路e :Sébastien Boulanger

Bandeau :Illustration : © Nadia Morin

C’est entendu, le paysage de la radio québécoise s’accorde résolument au masculin. Du côté des stations privées du moins. Si l’auditoire radiophonique semble toucher la zone paritaire, ses voix, elles, se font plus graves… Pourtant, la contribution historique des femmes à ce puissant porte-voix égalitaire est sans équivoque. Depuis plus de 100 ans, la radio permet aux femmes de se faire entendre et de participer à la discussion publique. La parole de ces artisanes contribue, aujourd’hui plus que jamais, à décloisonner l’espace sonore et à éclairer la diversité citoyenne.

De par le monde, la programmation radio destinée aux femmes s’est affirmée de concert avec l’essor du féminisme et des mouvements d’autonomisation des femmes. Selon l’UNESCO, « [l]a radio a rapproché, créé des liens et estompé les frontières entre la sphère publique et la sphère privée, s’adressant aux femmes au foyer, aux travailleuses, aux consommatrices et aux citoyennes. Dans de nombreux pays, l’apparition de la radio dans l’espace domestique a aussi coïncidé avec l’obtention du droit de vote pour les femmes ».

Au Québec, des femmes comme Idola Saint-Jean et Thérèse Casgrain utilisent dès les années 30 la radio comme outil de conscientisation féministe. Des journalistes pionnières comme Marcelle Barthe, Michelle Tisseyre, Judith Jasmin ou Claire Martin osent pousser les portes opaques des studios. Dans le premier texte de ce court dossier, la journaliste Mélina Nantel discute de l’ouvrage Women in Radio, Unfiltered Voices from Canada de l’autrice Geneviève A. Bonin-Labelle. Un portrait historique des femmes à la radio, qui redonne leurs lettres de noblesse à celles qui devraient marquer nos mémoires.

Parmi les métiers de radio, celui de morning woman – ou de matinalière comme on les appelle en Europe francophone – demeure une curiosité, voire une anomalie des ondes. Outre les stations d’ICI Radio-Canada Première, qui approchent la parité à l’aurore, les chaînes qui proposent une voix féminine aux lève-tôt sont rarissimes. La journaliste Hélène Mercier a cherché à savoir pourquoi la locomotive du matin est très majoritairement conduite par des hommes.

Myriam Fehmiu est journaliste depuis 2010. Animatrice à ICI Musique, elle collabore à toutes les plateformes de Radio-Canada sur des sujets de culture et de société. On l’a aussi vue et entendue comme animatrice et chroniqueuse à TV5, TV5 Monde, MAtv et Télé-Québec. Cette femme de radio accomplie utilise avec brio sa tribune pour offrir une voix à des artistes féminines et racisées, et pour valoriser leurs créations. Elle partage avec nous sa vision de l’égalité… à notre plus grand plaisir!

La voix de la journaliste Anna Haag s’est exprimée à l’écrit entre 1940 et 1945. Autrice féministe, Anna Haag a tenu une chronique du quotidien sous l’Allemagne nazie. À mi-chemin entre l’essai, le compte rendu journalistique et le journal intime, ces carnets secrets – aujourd’hui retrouvés et en partie publiés – sont un véritable voyage vers le passé. Basée à Berlin, la journaliste Cécile Calla présente ces témoignages d’une grande richesse, qui permettent de s’immiscer dans la pensée d’une Allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, et de ressentir l’atmosphère qui régnait sous le Troisième Reich.

Enfin, Rose Carine Henriquez discute avec trois jeunes femmes issues de la génération Z, qui témoignent de leur rapport avec le féminisme. Un mouvement dans lequel elles ont parfois du mal à se reconnaître. Si elle ne redéfinit pas les féminismes, la nouvelle génération s’approprie plutôt les luttes de ses prédécesseures avec un militantisme pluriel, qui se veut résolument inclusif et à la croisée de différents mouvements sociaux.

Bonne lecture!

Après la radio, le magazine GF entend consacrer un espace de discussion à la télévision d’ici dans son édition d’avril. Émissions matinales, cheffes d’antenne, journalistes d’enquête ou correspondantes à l’étranger en temps de pandémie : quel rôle pour les femmes au petit écran en 2021?