Aller directement au contenu

Entre le rose et le vert : une relance clairvoyante

Sororité, égalité, diversité

Auteur路e :Sébastien Boulanger

Bandeau :Illustration : © Nadia Morin

Tandis que l’arc-en-ciel du bien aller semble enfin tenir ses promesses d’ouverture, la crise des derniers mois aura tapissé de zones grises nos consensus égalitaires. Services publics mis à mal, conditions d’emploi difficiles dans les secteurs essentiels occupés en majorité par des femmes : l’impact de la pandémie sur les femmes est sans précédent. La relance présagée s’annonce-t-elle féministe pour autant? Rien n’est moins sûr. Si les périodes d’après-crise sont pour plusieurs des occasions de prospérité, comment envisager une relance inclusive, solidaire, qui réponde aux aspirations de celles malmenées d’emblée par la déroute sanitaire?

L’importance de la parité dans les groupes de travail chargés de réfléchir aux politiques de relance est au cœur des débats depuis un bon moment déjà. Une étude récente des Nations Unies, effectuée en pleine pandémie auprès de 225 cellules de crise dans 137 pays, révèle que ces comités ne comptent en moyenne que 24 % de femmes. La journaliste Hélène Mercier pose d’emblée la question : « Comment penser l’après pour les plus affectées, quand elles ne sont pas autour de la table? » Pour plusieurs, l’économie postpandémie en sera une de conscience… ou ne sera pas.

Julia Posca et Eve-Lyne Couturier abondent en ce sens : réfléchir à l’après-COVID requiert une transition vers une économie viable sur les plans humain et écologique. Selon les chercheuses de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques, « la reconnaissance de l’apport du travail des femmes à notre bien-être, tout comme celui de la nature, dépend en somme de notre volonté de mettre la solidarité au cœur de nos décisions collectives. »

Pour Kharoll-Ann Souffrant, « s’inscrire dans une démarche féministe, c’est miser sur la solidarité entre les femmes, peu importe qui elles sont ». Dans un plaidoyer éclairant, la chroniqueuse invite toutes les générations de femmes noires – ces pionnières de nos utopies collectives – à repenser notre sens commun, à être de tous les demains de ce monde à refaire.

Sur le continent européen, au cœur de la capitale géorgienne, Tbilissi, de nombreuses femmes travaillent dans les commerces situés dans les galeries souterraines de la ville. Depuis le début de la pandémie, cette cité souterraine vit au ralenti, tandis que le quotidien déjà difficile de ces commerçantes est marqué par une précarité grandissante. Le journaliste Clément Girardot nous invite à la rencontre de ces femmes, dans un pays où l’économie informelle est fortement féminisée.

Dans un registre différent, de nouveaux projets de réalité virtuelle visent à combattre les discriminations, notamment les inégalités de genre. Capable de susciter l’empathie, de créer un impact émotionnel fort et d’influer sur les comportements, la réalité virtuelle est un outil puissant de sensibilisation. Sexisme, harcèlement, réalité queer ou transgenre, Andrée-Marie Dussault nous présente des expériences européennes et nord-américaines de réalité virtuelle… au service de l’égalité.

Du côté de la Mauritanie, de jeunes Mauresques de la capitale Nouakchott adoptent de nouvelles pratiques extrêmes afin de perpétuer un idéal de beauté risqué : l’obésité féminine. Pour rivaliser avec ce modèle de féminité tenace, traditionnellement lié au mariage et synonyme de richesse, de nombreuses jeunes filles subissent une forte pression sociale qui les incite à prendre du poids. La journaliste Clémence Cluzel discute de cette course frénétique aux kilos, dont les conséquences sont souvent dramatiques pour la santé des femmes.

Bonne lecture!